PHEDRE, FABLES, LIVRE IV, FABLE XV, L'HOMME ET LA COULEUVRE

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PHEDRE, FABLES, LIVRE IV, FABLE XV, L'HOMME ET LA COULEUVRE

 

 

 

HOMO ET COLUBRA.

 

Qui fert malis auxilium , post tempus dolet.
Gelu rigentem quidam Colubram sustulit ,
Sinuque fovit , contra se ipse misericors :
Namque ut refecta est , necuit hominem protinus.
Hanc alia quum rogaret causam facinoris ,
Respondit : « Ne quis discat prodesse improbis. »

 

L'HOMME ET LA COULEUVRE.

 

Qui porte secours aux méchants, finit toujours par s'en repentir. Un homme ramassa une couleuvre toute roide de froid , et la réchauffa dans son sein ; mais sa pitié lui coûta cher ; car à peine fut-elle ranimée, qu'elle lui donna la mort. Une de ses compagnes lui demandant le motif de ce crime : « C'est, répondit-elle , afin qu'on sache qu'il ne faut point obliger les méchants. »

 

FABULA XV.

FABLE XV.

HOMO ET COLUBRA.

L'HOMME ET LA COULEUVRE.

Qui fert auxilium malis,

Celui-qui porte secours aux méchants,

dolet post tempus.

en souffre après un certain temps.

Quidam sustulit colubram

Un homme releva (ramassa) une couleuvre

rigentem gelu,

roide de froid,

fovitque sinu,

et la réchauffa dans son sein,

misericors ipse contra se :

étant miséricordieux lui-même contre lui:

namque ut refecta est,

car dès qu'elle fut ranimée,

necuit hominem protinus.

elle tua l'homme sur-le-champ.

Quum alia rogaret hanc

Comme une autre interrogeait celle-ci

causam facinoris,

sur la cause de ce crime,

respondit:

elle répondit :

« Ne quis discat

« C'est de peur que quelqu'un n'apprenne

prodesse improbis. »

à être-utile aux méchants. »

 

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