PHEDRE, FABLES, LIVRE IV, EPILOGUE

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PHEDRE, FABLES, LIVRE IV, EPILOGUE

 

 

 

EPILOGUS.

 

Adhuc supersunt multa quae possim loqui ,
Et copiosa abundat rerum varietas ;
Sed temperatae suaves sunt argutiae;
Immodicae offendunt. Quare, vir sanctissime ,
Particulo , chartis nomen victurum meis ,
Latinis dum manebit pretium litteris ,
Si non ingenium , certo brevitatem approba ,
Quae commendari tanto debet justius,
Quanto poetae sunt molesti validius.

 

ÉPILOGUE.

 

Il me reste encore une foule de sujets à traiter ; la fable est une mine féconde en produits variés ; mais , pour être goûtés , les jeux de l'esprit veulent une sage retenue ; semés à profusion , ils fatiguent. Aussi , vénérable Particulon , vous dont le nom doit vivre dans mes écrits tant qu'on cultivera les lettres latines, louez dans mes ouvrages sinon le talent, du moins la brièveté : mérite d'autant plus recommandable que les poètes sont d'ordinaire plus ennuyeux.

 

EPILOGUS.

ÉPILOGUE.

Multa quae possim loqui

Beaucoup de fables que je pourrais dire

supersunt adhuc,

restent encore ( sont en réserve ) à moi ,

et varietas copiosa rerum

et une variété copieuse de sujets

abundat; sed argutiae

abonde ; mais les traits-d'esprit

temperatae sunt suaves ;

donnés-avec-mesure sont agréables;

immodicae offendunt.

immodérés (en profusion) ils blessent.

Quare, vir sanctissime,

C'est pourquoi, homme très-respectable,

Particulo,

Particulon,

nomen victurum

nom devant-vivre

meis chartis,

dans mes écrits,

dum pretium manebit

tant que leur prix demeurera

litteris latinis,

aux lettres latines,

si non ingenium,

si tu n'approuves le talent,

certe approba brevitatem,

du moins approuve la brièveté,

quae debet commendari

qui doit être prisée

tanto justius, quanto poetae

d'autant plus-justement , que les poètes

sunt validius molesti.

sont plus-fortement ennuyeux.

 

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