HORACE, ART POETIQUE, VERS 469 à 476
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Fiet homo, et ponet famosae mortis amorem. Nec satis
apparet cur versus factitet : utrum 470 Minxerit in patrios cineres, an triste
bidental Moverit incestus : certe furit, ac velut ursus, Objectos caveae valuit si frangere clathros, Indoctum doctumque
fugat recitator acerbus. Quem vero arripuit, tenet, occiditque legendo,
475 Non missura cutem, nisi plena cruoris, hirudo.
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son coup d'essai, allez ! qu'on le tire de là, et vous verrez si, rendu à lui-même, il abdiquera cette
manie tragique d'immortalité. Au reste, on ne sait pas trop d'où lui vient cette rage poétique. A-t-il souillé la cendre de son père? a-t-il, d'un pied sacrilège, profané la place funeste
consacrée par la foudre ? Le fait est qu'un démon le possède. Mais tenez, le voilà; l'ours déchaîné a rompu les barreaux de sa loge. Ignorants et savants, tous fuient ce déclamateur
furibond. Malheur à qui tombe sous sa main ! plus d'espoir : il faut périr sous son vers homicide ; la sangsue ne lâchera prise, que gorgée du sang de sa victime.
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erit retractus ,
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il est tiré de ce danger,
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non fiet jam
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il ne deviendra pas pour-cela
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homo,
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un homme raisonnable,
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et ponet
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et il n'abdiquera point
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amorem mortis famosae.
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l'amour qu'il a d'un trépas fameux.
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Nec apparet satis
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Et il ne paraît pas assez (clairement:)
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cur factitet versus :
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pourquoi il fait-toujours des vers :
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utrum minxerit
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si c'est parce qu'il a uriné
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in cineres patrios,
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sur les cendres de-ses-pères,
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an, incestus,
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ou parce que, sacrilège,
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moverit
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il a remué (profané)
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triste bidental :
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un lieu-funeste frappé-par-la-foudre :
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certe, furit,
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quoi-qu'il-en-soit, il-est-fou
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ac velut ursus,
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et comme un ours,
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si valuit
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quand il est-venu-à-bout
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frangere clathros objectos
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de briser les barreaux opposés
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caveae,
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de sa cage,
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recitator acerbus,
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lecteur impitoyable,
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fugat
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il met-en-fuite
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indoctum doctumque.
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ignorants et savants.
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Quem vero arripuit,
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Mais celui qu'il a attrapé,
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tenet,
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il le tient-ferme,
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occiditque legendo :
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et il l'assassine en lui lisant ses vers :
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hirudo
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véritable sangsue
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non missura cutem,
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qui ne lâchera point la peau,
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nisi plena cruoris.
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si-ce-n'est gorgée de sang.
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HORACE, ART POETIQUE, VERS 453 à 468
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Ut mala quem scabies, aut morbus regius urget,
Aut fanaticus error, et iracunda Diana :
Vesanum tetigisse timent, fugiuntque poetam 455 Qui sapiunt; agitant pueri incautique sequuntur.
Hic dum, sublimi, versus ructatur et errat,
Si veluti merulis intentus decidit auceps
In puteum foveamve, licet : « Succurrite, » longum
Clamet, «io cives! » non sit qui tollere curet.
460 Si curet quis opem ferre, et demittere funem :
« Qui scis an prudens huc se projecerit, atque
Servari nolit? » dicam , Siculique poetae
Narrabo interitum. Deus immortalis haberi
Dum cupit Empedocles, ardentem frigidus Aetnam 465 Insiluit. Sit jus liceatque perire poetis :
Invitum qui servat, idem facit occidenti.
Nec semel hoc fecit; nec, si retractus erit, jam
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Voyez cet infortuné que tourmente la lèpre, ou la jaunisse; ce maniaque, dont un transport fanatique et la
colère de Diane ont troublé le cerveau : tel est le malheureux possédé de la rage des vers. Tout homme sage l'évite et le fuit, épouvanté ; les enfants crient après lui, et le poursuivent
étourdiment dans les rues. Or, tandis qu'il s'en va, le front haut, hurlant ses vers grotesques, si, courant le nez en l'air, comme l'oiseleur qui guette des merles, il tombe au fond d'un
puits ou dans une fosse; il aura beau crier à tue-tête: «A moi! citoyens, au secours ! » gardez-vous bien de l'en tirer,
au moins. Si, d'aventure, un passant venait à lui tendre une corde charitable: «Hé! que savez-vous, dirais-je, s'il ne l'a point fait exprès, et s'il désire vraiment qu'on le sauve?...»
Puis, je raconterai la mort du poète Sicilien. Voulant à tout prix passer pour un dieu immortel, Empédocle s'élance de sang-froid dans le cratère embrasé de l'Etna. Laissons donc aux
poètes le privilège, la liberté du suicide : en sauver un malgré lui ! mais c'est le tuer, sur ma parole. D'ailleurs, ce n'est pas
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Qui sapiunt,
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Ceux qui ont-du-bon-sens,
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timent tetigisse
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craignent d'avoir touché (de toucher)
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poetam vesanum,
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un poète insensé (maniaque),
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fugiuntque,
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et ils le fuient
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ut
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comme ils fuiraient
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quem scabies mala,
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celui que la gale mauvaise,
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aut morbus regius,
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ou la maladie royale (la jaunisse)
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aut error fanaticus
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ou un délire frénétique,
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et Diana iracunda
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et ( ou ) Diane en-courroux
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urget ;
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poursuit ( possède ) ;
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pueri
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les enfants
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agitant
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harcèlent ce poète insensé,
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sequunturque
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et le poursuivent
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incauti.
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étourdis (étourdiment).
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Dum hic,
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Tandis que ce fou,
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sublimis,
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la-tête-haute,
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ructatur versus et errat,
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hurle ses vers et marche-au-hasard,
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si decidit in puteum
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s'il tombe dans un puits
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foveamve,
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ou dans un fossé,
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veluti auceps
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comme un oiseleur
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intentus merulis,
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guettant des merles,
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licet clamet longum :
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il aurait-beau crier longtemps :
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« Io, cives ! succurrite ! »
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« Holà ! citoyens ! au secours ! »
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non sit
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qu'il n'y ait personne
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qui curet tollere.
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qui songe à le retirer.
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Si quis curet
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Si quelqu'un songeait
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ferre opem
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à lui porter secours
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et demittere funem,
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et à lui descendre une corde,
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dicam :
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je dirais à cet homme :
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« Qui scis
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« Comment sais-tu
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« an se projecerit huc
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« s'il ne s'est pas jeté là-dedans
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« prudens ,
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« avec-intention,
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« atque nolit servari ?»
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« et s'il ne-veut-pas ne pas être sauvé ? »
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narraboque
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et puis je raconterai
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interitum poetae Siculi.
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la mort du poète Sicilien.
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Dum Empedocles cupit
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Tandis qu'Empédocle désire
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haberi deus immortalis,
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passer-pour un dieu immortel,
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insiluit
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il s'élança (il s'élance)
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frigidus
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froid (de sang-froid)
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Aetnam ardentem.
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dans l'Etna embrasé.
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Jus sit poetis
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Que le droit soit aux poètes
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liceatque perire :
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et qu'il leur soit permis de mourir :
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qui servat invitum,
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celui qui en sauve un malgré-lui,
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facit idem
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fait la même chose
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occidenti.
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que celui qui le tue (qui le tuerait).
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Nec fecit hoc semel ;
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Et il n'a pas fait cela qu'une-fois ;
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et, si
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et, si, par hasard,
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HORACE, ART POETIQUE, VERS 436 à 452
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An sit amicitia dignus. Si carmina condes, Nunquam te
fallant animi sub vulpe latentes. Quintilio si quid recitares : « Corrige, sodes, Hoc, aiebat, et hoc. » Melius te posse negares, Bis terque expertum
frustra : delere jubebat, 440 Et male formatos incudi reddere
versus. Si defendere delictum quam vertere malles, Nullum ultra verbum aut operam insumebat inanem, Quin sine rivali
teque et tua solus amares. Vir bonus et prudens versus reprehendet inertes; 445
Culpabit duros ; incomptis allinet atrum
Transverso calamo signum ; ambitiosa recidet
Ornamenta ; parum Claris lucem dare coget ;
Arguet ambigue dictum; mutanda notabit :
Fiet Aristarchus. Non dicet : « Cur ego amicum 450 Offendam in nugis? » — Hae nugae seria ducent
In mala derisum semel exceptumque sinistre.
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fiance. Vous, si jamais vous faites des vers, ne soyez pas dupe de ces faux amis, cachés sous la peau du
renard. Quand on lisait quelque chose à Quintilius : « Tenez , disait-il, corrigez-moi ceci, et cela encore. — Mais, impossible à moi de faire mieux ; je l'ai tenté deux ou trois fois en
vain. — Effacez alors, et remettez sur l'enclume ces vers mal forgés. » — S'avisait-on de défendre une faute, au lieu de corriger : il ne disait plus mot, et, sans se donner une peine
inutile, il vous laissait, seul et sans rival, vous adorer vous-même, à genoux devant votre génie. Ainsi fait un sage ami : critique judicieux, il n'a ni pitié ni excuse pour les vers lâches ou durs ; les vers négligés, il les efface d'un revers de plume ; il
supprime l'emphase ambitieuse ; la phrase est un peu obscure: il vous force à l'éclaircir; il fait le procès aux mots équivoques; il marque tous les changements à faire : il devient un
Aristarque enfin. Ce n'est pas lui qui dira : à quoi bon chicaner un ami pour des bagatelles? — Mais ces bagatelles, malheureux, elles auront des suites funestes, en livrant à la risée
publique votre ami perdu sans retour.
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an sit dignus amicitia.
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s'il est digne de leur amitié.
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Si condes carmina,
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Si tu fais (quand tu feras) des vers,
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animi
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que les esprits ( les flatteurs )
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latentes sub vulpe
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qui-se-cachent sous la peau du renard
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nunquam fallant te.
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ne trompent jamais toi.
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Si recitares
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Lorsque vous lisiez
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quid Quintilio,
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quelque-chose à Quintilius,
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aiebat :
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il disait :
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« Corrige hoc et hoc,
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« Corrigez-moi ceci et cela,
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« sodes. »
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« s'il-vous-plaît. »
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Negares te posse melius,
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Si vous disiez ne-pouvoir-pas faire mieux,
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expertum frustra
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l'ayant essayé inutilement
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bis terque :
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deux-fois et trois-fois :
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jubebat delere,
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il ordonnait d'effacer,
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et reddere incudi
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et de rendre à l'enclume
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versus male formatos.
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les vers mal forgés.
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Si malles
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Si vous aimiez-mieux
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defendere delictum
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défendre une faute
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quam vertere,
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que de la corriger,
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insumebat
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il ne dépensait
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nullum verbum ultra,
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pas-une-seule parole en-plus,
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aut operam inanem ,
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et il ne prenait pas une peine inutile ,
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quin amares
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pour que vous n'aimassiez pas
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teque et tua,
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et vous-même et vos vers,
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solus sine rivali.
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seul et sans rival.
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Vir bonus et prudens
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L'homme bon et instruit
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reprehendet versus inertes;
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reprendra les vers plats ;
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culpabit duros ;
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il blâmera les vers durs ;
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allinet signum atrum
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il tracera une marque noire
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calamo transverso
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de son style ( de sa plume ) renversé
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incomptis ;
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sur les vers sans-élégance ;
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recidet
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il retranchera
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ornamenta ambitiosa ;
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les ornements prétentieux ;
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coget dare lucem
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il forcera de donner de la clarté
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parum claris ;
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aux vers peu clairs ;
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arguet dictum
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il critiquera ce qui sera dit
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ambigue ;
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d'une-manière-équivoque ;
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notabit
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il indiquera-par-une-marque
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mutanda :
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les passages à-changer :
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fiet Aristarchus.
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il se fera Aristarque.
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Non dicet :
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Et il ne dira point :
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« Cur ego offendam
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« Pourquoi, moi, offenserais-je
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« amicum in nugis? »
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« un ami dans des bagatelles ? »
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Hae nugas
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C'est que ces bagatelles
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ducent in mala seria
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entraîneront dans des maux sérieux
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derisum semel
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l'homme raillé une-fois
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exceptumque sinistre.
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et reçu d'une-manière-défavorable.
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HORACE, ART POETIQUE, VERS 420 à 435
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Assentatores jubet ad lucrum ire poeta
420
Dives agris , dives positis in foenore nummis. Si vero est unctum qui recte ponere possit, Et spondere levi pro
paupere, et eripere arctis Litibus implicitum : mirabor, si sciet inter- noscere mendacem verumque beatus amicum.
425 Tu, seu donaris, seu quid donare velis
cui, Nolito ad versus tibi factos ducere plenum Laetitiae; clamabit enim : «Pulchre ! bene! recte!» Pallescet super
his; etiam stillabit amicis Ex oculis rorem; saliet, tundet pede terram.
430 Ut, qui conducti plorant in funere,
dicunt Et faciunt prope plura dolentibus ex animo : sic Derisor vero plus laudatore movetur. Reges dicuntur multis urgere
culullis Et torquere mero quem perspexisse laborant
435
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pressée des acheteurs : ainsi, attirés par l'espoir du gain, les flatteurs se donnent rendez-vous autour
du poète rentier, riche en biens-fonds, riche en capitaux bien placés. Mettez qu'avec cela il ait une table
bien servie; qu'il soit homme à répondre pour un pauvre diable sans argent, à le tirer des mains rapaces de la chicane : et Dieu me pardonne, s'il aie bonheur de distinguer jamais le faux
ami de l'ami véritable. Mais vous, sortant de faire un présent, ou des offres de service; gardez-vous, pour lire vos vers, de profiter d'une ivresse intéressée; car j'entends d'ici votre
auditeur s'écrier : « Ah les beaux vers ! mais c'est parfait ! c'est divin !... » Il s'extasie à chaque mot; que dis-je? ses yeux trouveront des larmes complaisantes; vous le verrez
bondir de joie et trépigner de bonheur ! Comme ces malheureux, dont les larmes mercenaires enchérissent, à nos funérailles, sur la vraie douleur d'une famille éplorée : le flatteur qui se
rit de vous, en dit et en fait plus qu'un approbateur sincère. Les rois, dit-on, accablent de rasades le courtisan dont ils veulent sonder le coeur; et la torture du vin leur révèle l'ami
vraiment digne de con-
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ad merces emendas :
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devant des marchandises à acheter :
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poeta dives agris,
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un poète riche en terres,
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dives nummis
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et riche en écus
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positis in foenore,
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placés à bel-intérêt,
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jubet assentatores
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ordonne presque aux flatteurs
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ire ad lucrum.
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d'aller (de courir) au gain.
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Si vero est qui possit
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Mais si ce poète est un homme qui puisse
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ponere recte
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servir comme-il-faut
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unctum ,
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un festin somptueux,
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et spondere
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et donner-caution
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pro paupere levi,
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pour le pauvre sans-crédit,
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et eripere
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et tirer-d'affaire
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implicitum
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celui qui est engagé
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litibus arctis :
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dans des procès étroits (gênants) :
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mirabor,
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je serai bien surpris,
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si, beatus , sciet
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si heureux (par bonheur) il saura
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internoscere
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trouver-la-différence-entre
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amicum mendacem,
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un ami menteur,
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verumque.
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et un ami véritable.
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Tu, seu donaris,
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Toi, soit que tu aies donné,
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seu velis donare
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soit que tu veuilles donner
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quid cui,
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quelque-chose à quelqu'un,
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nolito ducere
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garde-toi de le conduire
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plenum laetitiae
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plein de joie
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ad versus factos tibi :
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devant des vers faits par toi :
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clamabit enim :
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il s'écriera, en-effet:
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« pulchre! bene! recte! »
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« superbe ! bien ! parfait ! »
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pallescet super his ;
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il pâlira sur ces vers ;
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etiam stillabit rorem
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même il distillera une rosée de larmes
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ex oculis amicis ;
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de ses yeux complaisants ;
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saliet, tundet terram pede.
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il bondira, il frappera la terre du pied.
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Ut
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De-même-que
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qui plorant funere,
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ceux qui pleurent à un convoi-funèbre,
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conducti,
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étant payés pour cela,
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dicunt et faciunt plura,
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en disent et en font plus,
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prope,
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pour-ainsi-dire,
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dolentibus
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que-ceux-qui-sont-affligés
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ex animo :
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du fond de leur coeur :
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sic derisor
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de même, l'homme qui-se-moque
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movetur
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est (se montre) ému
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plus laudatore vero.
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plus qu'un approbateur sincère.
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Reges
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Les rois ( les grands, les riches)
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dicuntur urgere
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sont dits presser (éprouver)
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multis culullis,
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par beaucoup de coupes-pleines,
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et torquere mero
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et torturer par le vin
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quem laborant
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l'homme-qu'ils sont-en-peine
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perspexisse
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d'avoir examiné ( de savoir )
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HORACE, ART POETIQUE, VERS 404 à 419
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Et vitae monstrata via est; et gratia regum
Pieriis tentata modis; ludusque repertus,
405 Et longorum operum finis : ne forte pudori
Sit tibi Musa lyrae solers, et cantor Apollo.
Natura fieret laudabile carmen, an arte ,
Quaesitum est Ego, nec studium sine divite vena,
Nec rude quid possit video ingenium : alterius sic 410 Altera poscit opem res, et conjurat
amice. Qui studet optatam cursu contingere metam, Multa tulit fecitque puer; sudavit et alsit; Abstinuit venere et
vino. Qui Pythia cantat Tibicen, didicit prius, extimuitque magistrum.
415 Nunc satis est dixisse : « Ego mira poemata pango
: Occupet extremum scabies ! mihi turpe relinqui est, Et, quod non didici, sane nescire fateri.»
Ut praeco, ad merces turbam qui cogit emendas,
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plus qu'en vers; la morale parla le même langage; pour gagner la faveur des rois, on emprunta la douce
voix des neuf soeurs ; enfin, c'est la poésie qui nous donna le théâtre, délassement si doux après les pénibles travaux. Ne rougissez donc pas de toucher la lyre des Muses, et de chanter
avec Apollon. Est-ce la nature, ou bien l'art, qui fait les grands poètes? — Sur cette question, souvent débattue, voici quel est mon sentiment : sans l'inspiration féconde, l'étude est
impuissante, et le génie ne peut rien sans l'étude; mais ils ont besoin l'un de l'autre, et tous deux, étroitement unis, ils conspirent au même but. L'athlète qui brûle de triompher à la
course, a soumis son enfance aux épreuves les plus rudes : il a souffert et de la chaleur et du froid ; il n'a connu ni l'amour ni l'ivresse. Avant de se faire entendre aux fêtes
d'Apollon Pythien, le joueur de flûte a longtemps appris, longtemps tremblé sous un maître.
Mais en poésie! il suffit de dire : « Des vers ! oh! j'en fais d'admirables ! Malheur au dernier ! moi, je rougirais de l'être, fi donc ! et d'avouer naïvement que j'ignore ce que je n'ai
pas appris. » Voyez, comme à l'appel du crieur public, accourt la foule em-
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et via vitae
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et la route de la vie ( la morale)
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est monstrata ;
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fut enseignée en vers ;
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et gratia regum tentata
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et la faveur des rois fut briguée
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modis Pieriis;
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par les accords des-Piérides (des Muses);
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ludusque
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et les jeux scéniques
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et finis
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et, par eux, la fin (le délassement)
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longorum operum
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des longs travaux
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repertus :
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furent inventés :
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ne Musa
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ainsi, que la Muse
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solers lyrae,
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habile-à-toucher la lyre,
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et cantor Apollo
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et que le chantre Apollon
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sit forte pudori tibi.
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ne soient donc pas à honte à toi.
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Est quaesitum
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On a discuté
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carmen laudabile
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si un poème louable (un bon poème)
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fieret natura, an arte.
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était fait par la nature, ou par l'art.
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Ego , video
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Pour moi, je ne vois
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nec quid studium possit
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ni ce que l'étude (l'art) peut produire
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sine vena divite,
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sans la veine riche ( sans l'inspiration),
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nec
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ni ce que peut produire
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ingenium rude :
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le génie grossier (sans l'art) :
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sic altera res
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tellement l'une de ces deux choses
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poscit opem alterius,
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exige le secours de l'autre,
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et conjurat
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et conspire (concourt) avec elle
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amice.
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d'une-manière-amie.
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Qui studet continger
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Celui qui désire atteindre
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metam optatam
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la borne désirée
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cursu,
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au-combat-de-la-course,
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tulit fecitque multa,
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a supporté et a fait beaucoup de choses
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puer ;
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quand il était jeune ;
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sudavit et alsit ;
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il a sué et il a-eu-froid ;
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abstinuit venere et vino,
|
il s'est abstenu de l'amour et du vin.
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Tibicen,
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Le joueur-de-flûte,
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qui cantat Pythia,
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qui chante dans-les-jeux-Pythiens,
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didicit prius,
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a pris-des-leçons auparavant,
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extimuitque magistrum.
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et a redouté un maître.
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Nunc est satis
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Et il ne suffit pas, pour être poète,
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Dixisse :
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d'avoir dit ( de dire ) :
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« Ego pango poemata mira:
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« Moi, je compose des vers admirables:
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« scabies occupet
|
« que la gale s'empare
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« extremum !
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« du dernier ( malheur au dernier ) !
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« est turpe mihi
|
« c'est chose honteuse pour moi
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|
« relinqui,
|
« d'être laissé-en-arrière,
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« et fateri sane
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« et d'avouer raisonnablement
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« nescire
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« que-je-ne-sais-pas
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« quod non didici. »
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« ce-que je n'ai pas appris. »
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Ut praeco ,
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Comme le crieur public,
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qui cogit turbam
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qui rassemble la foule
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